Cuisine à cœur


Une association qui rassemble les traditions culinaires, les histoires et les recettes transmises par les femmes à travers les régions de France et le Monde.

Se déplacer dans vos régions aller à la rencontre des femmes
qui font vivre la cuisine quotidienne depuis des
générations et détiennent des trésors de recettes
traditionnelles, témoignages vifs de notre richesse culinaire. La cuisine traditionnelle féminine: Le patrimoine invisible…

Une mémoire vive !!!

 

Comment est né ce projet ?

L’enfance est toujours le terreau fertile et la source des projets qui nous animent.

C’est dimanche matin, pas école…Le soleil se fraye un chemin à travers les persiennes, les particules de poussière dansent dans sa lumière.

Il y a les bruits habituels de la maison, et l’odeur du plat du dimanche en cours d’élaboration.

Peut être juste l’oignon revenu…mais ça annonce tout, c’est le début de tout, et surtout de mettre le premier pied par terre. La journée commence avec toutes ses promesses…

Comme je l’avais imaginé ma mère s’affaire derrière le fourneau, elle le sait je serais dans ses pattes dès le petit déjeuner avalé. Elle profite encore un peu de sa tranquillité, la cuisine c’est un peu son refuge, c’est le lieu où elle a tous les pouvoirs, ou son imagination couplée aux contraintes économiques va faire des miracles.

Elle sera remerciée ce jour-là de nous avoir régalés, elle sera contente, ses talents sont mis à l’honneur…

Moi petite fille je n’en perd pas une miette. Je me nourris des odeurs des couleurs, des sons de la friture, du braisage, du bloup bloup des plats en sauce.

Peu à peu s’élabore ma carte gustative, mon champ d’exploration grandit avec les années…

Des souvenirs me reviennent des tantes, cousines plus âgées, ma mère, grand-mère toutes dans la cuisine pour fabriquer ensemble le plat de fête ou du dimanche.

Ça piaille ça rit, dans une collaboration joyeuse…

C’est ainsi que nait notre rapport au monde.

Des milliers de petites filles comme moi se mettront dans les jupes de leurs mère, grands-mères, tantes pour apprendre les rudiments d’une cuisine qu’à notre tour nous transmettrons enrichies des apprentissages que nous glanerons au fur et à mesure de notre expérience.

Pas seulement les petites filles évidemment, tant de carrières de grands chefs ainsi derrière une femme.

La vie moderne nous a amenés à nous couper peu à peu de ces racines culinaires, le manque de temps, les nouveaux modes alimentaires, le salvateur travail des femmes, nous ont éloignés de savoirs faire ancestraux, porteurs de sagesse, de sobriété.

On faisait avec ce qu’on avait, avec la saison, avec le jardin pour ceux qui en avaient.

Aujourd’hui on nous parle de viandes synthétiques, de sans gluten, de végan…

Rien n’est à rejeter de tout cela bien sur mais les cuisines anciennes sont comme les sagesses anciennes, un socle sur lequel s’appuyer par tous les temps, des calmes aux plus agités.

Une permanence bienfaisante au milieu des agitations de toute nature qui ponctuent notre siècle.

Quand j’étais enfant, nous ne mangions magret, foie gras, saumon que pour noëls pâques, entre les deux nous ne trouvions plus ces denrées. Aujourd’hui au mépris de tout entendement, elles peuvent être présentes toute l’année.

Cela ne peut s’envisager que si l’on ne tient plus compte des saisons, des plantes, des bêtes, de nous.

On s’est oubliés, et parce qu’on s’est oubliés on a tout oublié, les odeurs du dimanche matin, l’émerveillement des tables de fêtes chargées de mets d’exception, le plaisir de manger en toute sobriété le reste du temps.

Les ragoûts de saison, nos têtes penchées au-dessus des gamelles, comme pour mieux comprend recette alchimie mystérieuse qui fait naitre des parfums, des goûts, des textures, dont on sait qu’une simple recette ne pourra restituer.

Dans une cuisine il y a la magie de celle qui opère, qui ne veut pas n’importe qui à ses côtés.

A un moment elle choisira à qui transmettre, celui ou celle qui aura le droit de prendre la grosse cuillère en bois et de remuer.

C’est un privilège qui t’inscrit dans une responsabilité, tu deviens le gardien de l’histoire de la cuisine familiale.

Alors on fait quoi de tout ça ?

Notre mission

    

La plus grande des pertes, C’est l’enfouissement dans le grand trou de l’oubli.

C’est n’avoir plus rien à dire pour demain ne plus rien avoir à donner À l’autre à ceux qu’on aime à ceux que l’on connaît et ceux que l’on ne connaît pas.

La plus grande des pertes c’est oublier que l’on est une famille une seule famille la famille humaine.

La plus grande des pertes c’est d’oublier que nos savoirs même s’ils sont élaborés dans un petit espace tel que la cuisine appartient à tous.

La plus grande des pertes c’est d’oublier que nos savoirs sont le ciment qui nous relie les uns aux autres.

La plus grande des pertes c’est d’oublier que la cuisine parle au cœur. Elle a pour vocation de nourrir le corps mais l’âme aussi.

Elle nous communique des informations sur notre environnement immédiat notre culture notre famille. Elle a cependant une vocation plus universelle.

Lorsque la cuillère nous a été donnée pour remuer, nous devenons des gardiens et des gardiennes.

Nous avons reçu et nous pouvons à notre tour transmettre.

Nous sommes des sachants qui s’ignorent car nous ne pensons pas que ce que nous détenons est précieux.

Après tout il ne s’agit que d’une recette de cuisine rien qui puisse changer le monde.

C’est là que nous faisons erreur, tout compte pour que le monde tienne debout.

Et si nous devenions des gardiens et des gardiennes de nos recettes ancestrales ?

Et si je parcourais nos régions pour vous rencontrer fixer sur des supports intemporels ces savoirs si essentiels ?

Et si ensemble nous tissions cette grande mémoire au service de toutes et tous ?

Je vous propose de créer un grand réseau de partage d’échanges de la cuisine élaboré par ces femmes qui ont conçu et cuisiné dans l’ombre, des plats qui sont voués à disparaître dans l’oubli.

Il est peut-être juste temps de travailler à cette mémoire.

De rendre hommage à des centaines d’années de pratique de transmission qui donnent un sens à l’acte de se nourrir.